De 1860 à 1955

LA GUERRE DE SÉCESSION 

        Le 1er janvier 1863 est publiée la « Proclamation d’émancipation » qui libère les esclaves de certains états. Les esclaves se considèrent alors libres dans les territoires occupés par les USA , et presque 190 000 personnes s’engagent dans l’armée du Nord; dans le Sud, des Noirs se mettent au service du Nord et effectuent des missions d’espionnage, de sabotage, ou de guide. La victoire du Nord met fin à presque 250 ans d’esclavage : le XIIIème amendement adopté la même année abolit l’esclavage sur tout le territoire (« Ni esclavage, ni servitude involontaire, si ce n'est en punition de crime dont le coupable aura été dûment convaincu, n'existeront aux Etats-Unis ni dans aucun lieu soumis à leur juridiction »).


APRES LA GUERRE DE SÉCESSION

       De nouveaux « codes noirs » sont mis en place, mais ils n’ont que peu de différences avec les anciens. La majorité des Noirs reste à la campagne, en attendant la redistribution d’autres terres après l’abolition. Les planteurs blancs voient en eux des éléments provoquants, alors que la grande majorité des Noirs se serait contentée de ces terres. La redistribution promise n’a pas lieu, et la plupart des terres vendues aux affranchis sont rachetées par des Blancs libérés, qui emploient leurs anciens esclaves... 

       Des sociétés secrètes comme le Ku Klux Klan agissent en ce sens, en brûlant par exemple les maisons et les récoltes des Noirs. Les Sudistes ont ainsi réussi à maintenir le pouvoir des blancs en termes économiques, et veulent désormais l’inscrire dans la loi et les institutions. 

 

DÉBUT DU XXème SIÈCLE

        En 1880, 75 % des Noirs vivent dans le Sud. Beaucoup abandonnent déjà les campagnes pour les villes, où ils trouvent des emplois dans l’industrie ; cette urbanisation massive transforme le mode de vie des villes : les Blancs déménagent déjà des quartiers habités par des Noirs, et des lois imposent des quartiers ségrégués, les Noirs étant cantonnés dans des taudis lugubre. Le phénomène est identique dans le Nord qui voit l’arrivée progressive de nombreux Noirs dans les villes et une ségrégation spatiale se met en place. 

        Entre 1885 et 1900, on comptabilise 2500 lynchages, dont l’origine est presque toujours une relation sexuelle entre un Noir et une femme blanche. Au cours de la seule année 1900, 106 Noirs sont lynchés dans le pays. Entre 1900 et 1914, on en compte 1100. Les prétextes sont de plus en plus variés (homicide, vol, insulte entre autres). L’ensemble de lois légitimant la ségrégation sont dites lois « Jim Crow », du nom d’un personnage d’une chanson populaire ; cette ségrégation qui règne dans le Sud est loin d’être absente dans le Nord. Le but est d’interdire le mélange des races et de persuader les Noirs de leur infériorité.


ÉGLISES, ÉCOLES ET ASSOCIATIONS

        L’espoir noir commence à naître dans les Eglises où se regroupent les Noirs et passe par l’école et des associations. L’Eglise est un pilier pour les Noirs : elle est la seule institution leur appartenant totalement (les lieux de culte sont ségrégués) et où les individus peuvent s’exprimer librement. En raison du manque de moyens et de formation, les hommes d’Eglise noirs sont plus des prêcheurs que des pasteurs. Toute la vie sociale est organisée autour et par l’Eglise. Des banques, des compagnies d’assurance, des journaux sont créés par les associations de Noirs pour les Noirs dès cette époque. Les écoles noires n’ont que peu de moyens mais les premières élites intellectuelles noires sortent de ces écoles.


LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

        A l’entrée en guerre en avril 1917, l’armée refuse d’abord les Noirs qui se portent volontaires. Mais en mai, alors que la mobilisation est enclenchée, de nombreux Noirs sont engagés. Les soldats noirs sont souvent décrits comme enthousiastes, voyant cet engagement comme un facteur d’intégration et d’une reconnaissance de leur qualité d’Américains. Preuve en est les actions de la NAACP et des étudiants, qui mènent une campagne pour autoriser l’accès des Noirs aux écoles d’officiers, qui demeurent exclus des corps militaires les plus prestigieux et subissent insultes et humiliations au sein de l’armée. Dans le Sud, la vue de soldats noirs en armes suscite l’hostilité des Blancs et des incidents ont lieu.

 

L’APRÈS-GUERRE

        La réinsertion des vétérans s’avère difficile, et des grèves et affrontements ouvriers éclatent après la guerre. En 1919, le Ku Klux Klan connaît un véritable essor, et on estime le nombre de ses partisans à plus de deux millions dans les années 20, désormais également dans le Nord et dans l’Ouest. La NAACP et d’autres associations condamnent cette violence, mais le Congrès ne vote aucune loi permettant une justice égale pour tous. 


LA CRISE DE 1929

         La crise de 1929 a raison de l’euphorie des années folles et anéantit les simples espoirs des Noirs. Dans certaines campagnes du Sud, une forme d’esclavage réapparaît. Exclus des syndicats, les Noirs ne possèdent aucun moyen de défense. En 1934, 38% des Noirs sont incapables de subvenir à leurs besoins (contre 17% des Blancs). Pourtant, les Noirs commencent à prendre conscience de leur poids politique, tandis que les leaders se tournent vers une approche plus économique et sociale que raciale.

        Le parti communiste décide alors de se tourner vers eux, en instaurant une égalité raciale systématique dans ses rangs. Ainsi, dès 1925, l’ " American Negro Labor Congress " (ANLC) est créé, réunissant les syndicats noirs sous le pouvoir des communistes. Entre 1928 et 1934, le Parti Communiste américain milite même pour la création d’un 49ème Etat américain qui constituerait une République noire indépendante…Ce qui ne se fera pas.


LA SECONDE GUERRE MONDIALE

        Pressé par les craintes de Roosevelt de rebellion, le Congrès annonce la déségrégation de l’industrie de guerre et de l’administration en juin 1941. L’armée demeure cependant ségréguée jusqu’en 1945 : il existe toujours des unités dites « de couleur ». Trois millions de soldats noirs sont sous les drapeaux, dont 500 000 sont envoyés outre-mer. Certains Noirs sont acceptés dans l’aviation, tout comme dans la marine, ce qui est une modification radicale, ainsi que des parachutistes noirs parmi les marines.

 

L’APRÈS-GUERRE

         Après la guerre, le retour des Noirs dans le Sud s’accompagne d’attaques et de lynchages : l’année 1946 est une des plus sombres selon la NAACP, et beaucoup se réengagent dans l’armée. Des observateurs et des journalistes noirs se sentent concernés par les idéaux humanitaires de la toute nouvelle ONU (organisation des Nations-Unies), ainsi que par la question de la décolonisation. En 1948 est publiée la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui rend de plus en plus évident le paradoxe américain. En 1951, le « Civil Rights Congress » dépose une pétition à l’ONU accusant le « génocide » subi par les Noirs aux Etats-Unis. Le département d’Etat américain affirme que le problème noir est un « problème intérieur » et ne relève pas des compétences de l’ONU.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Commentaires (1)

1. RODELET 26/11/2010

guerre ségrégation

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